Samedi matin

samedi 8 septembre 2018
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Samedi matin, quelque part à Paris, quartier de la cité, au 4ème arrondissement, dans ce petit immeuble avec vue sur Notre-Dame, 3ème étage, Appartement 304.

Biiip  ! Biiip  ! Biiip  ! Le réveil se met à sonner.

Lionel tâtonne à l’aveugle, l’esprit brumeux, dans l’espoir de faire taire cette machine de torture.

C’est son jour de repos, mais il doit se lever pour aller déposer son chèque de paie à la banque s’il veut arrêter de manger des pâtes.

Il se lève donc à contrecoeur et se prépare à sortir. Passage éclair dans la salle de bain, 1 café et hop, il dévale les escaliers d’un pas pressé, histoire d’en finir et de passer à autre chose.

Une fois passée la porte de son immeuble, il remonte le col de sa veste, par ce petit temps d’automne, l’air frais est un peu vif et les nuages gris, et dans le font regrette de ne pas avoir pensé à prendre son parapluie au passage. Il n’avait pas pris la peine de s’équiper, la banque n’est qu’à 5 min de marche de la maison  ;

Arrivé à la banque, il se rappelle qu’il n’aurait pas pu choisir un plus mauvais moment pour déposer son chèque  : début de mois, un samedi matin, un monde de fou. Résigné, il rejoint la file d’attente et commence à écouter la radio à partir de l’application de son smartphone « météo….la pluie…. Prévue…. Aucune amélioration n’est attendue…. Fait-divers  : ….disparition…des recherches…. Dès que nous en saurons plus……  » Finalement, il décide de couper la radio pour ruminer ses pensées, mélange de souvenirs, de vie personnelle, de désarroi et de doutes.Alors qu’il atteignait le guichet, un événement se produisit derrière lui  :

« Ceci est un hold-up  ! Les mains en l’air s’il-vous-plaît  !  »

Il eut envie de crier de toutes ses forces « Joker  !  » et de se carapater loin de là au plus vite, tellement cela semblait irréel mais là, en se retournant, il se figea et compris que ces individus-là n’étaient pas prêts de plaisanter.

Ils étaient costumés en 4 flics (sûrement pour pouvoir camoufler une possible retraite), l’un deux avait le visage tuméfié comme s’il venait d’être passé à tabac, mais les trois autres avaient un regard sinistre.

A l’instant, Lionel se mis à cligner des yeux de façon compulsive. Ce tic l’avait pourtant quitté depuis des années mais avec ce stress qui l’avait submergé sans crier gare, il se sentait comme démuni face à la situation. Pour s’apaiser, il avait l’habitude de chanter en boucle la chanson d’Henri Salvador  : « Une chanson douce, que me chantait ma maman, en suçant mon pouce, je l’écoutait en m’endormant….  » Il avait beau le faire, cela ne marchait pas cette fois-ci.

Les preneurs d’otage tournaient comme des loups en cage, hurlaient à tout va et frappaient si cela n’allait pas assez vite, ajoutant à la tension ambiante….

Véronique